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A Marseille-Fos, les transitaires jouent la carte de la formation et de l’ouverture

Réunis en assemblée générale, le 18 mai à Marseille, les membres du Syndicat des Transitaires de Marseille-Fos (STM) ont passé en revue les dossiers qui préoccupent la profession au premier rang desquels leur retour au sein de TLF Overseas.

 

Un an après leur divorce, les deux organisations, réunies depuis avril 2018, représentent à présent 90 % des transitaires de la région Provence-Alpes Côte-d'Azur et 80 % du fret traité sur le port de Marseille.

Une représentativité qui attire, selon le Syndicat des Transitaires de Marseille-Fos (STM), de nouveaux adhérents. Et ce n’est qu’un début à en croire Stéphane Salvetat, qui préside le STM depuis 2016 et dont le mandat vient d’être reconduit : "nous avons changé les statuts du syndicat afin que des transitaires installés hors de notre région ou des étrangers ayant une activité avec le port de Marseille-Fos puissent adhérer".

Le syndicat qui recense 92 entreprises adhérentes pourrait par exemple s’ouvrir à l’Allemagne suite aux récentes sessions de networking de l’Union Maritime et Fluviale de Marseille-Fos avec Logistics Alliance Germany.

Un point de contrôle documentaire :

Autre point de satisfaction évoqué en assemblée générale, le regroupement des services administratifs au hangar 17. Situé sur les bassins Est, ce bâtiment est appelé à devenir le seul point de contrôle documentaire au terme d’une bataille d’un an et demi avec les différents services. "C’est une victoire que de voir les services centralisés. Sollicité pour les importations de produits bio, le service des fraudes devrait, fin 2018, quitter les bureaux du 8e arrondissement de Marseille pour rejoindre les douanes et services phytosanitaires et vétérinaires", se félicite Stéphane Salvetat, dirigeant de LAM France.

1 000 m2 pour les visites phytosanitaires :

Ce dernier a également rappelé le rôle déterminant joué par le syndicat, fin 2017, dans la reprise au groupe Stef, de la gestion du poste d'inspection frontalier (PIF), où sont contrôlées les denrées périssables importées, et du point d'entrée communautaire (PEC).qui étaient sur le point de disparaître faute de repreneur.

Le syndicat a fondé STM Entreprise, une société commerciale qui exploite, depuis novembre, le bâtiment de 1 000 m2 destiné aux visites phytosanitaires.

Un DESU à la rentrée :

Toujours à Fos, les transitaires, très inquiets des difficultés d’accès au terminal d’Eurofos en début d’année, se sont réjouis de la fluidité retrouvée sur les quais grâce à une nouvelle organisation des systèmes de rendez-vous entre chauffeurs routiers et manutentionnaires. "Nous sommes passés de 50 % à 5 % de rendez-vous non honorés par les transporteurs ", précise Stéphane Salvetat.

Le STM, en collaboration avec Aix-Marseille Université, entend proposer à compter de 2019 un Diplôme d’Etudes Supérieures Universitaires au métier du transit en alternance. "Nous créons cette formation de 140 h sur quatre mois avec 75 % d’enseignement à distance et 25 % de formation en Arles. L’objectif étant d’attirer des demandeurs d’emplois ou des salariés désireux d’intégrer une société de transit", détaille Stéphane Salvetat. A la rentrée 2018-2019, dix élèves devraient suivre cet enseignement.

Un "DHL de la mer" :

Dans un souci de sensibilisation de la profession aux nouveaux enjeux, le STM avait convié Pierre Cariou, professeur à Kedge Business School. Ce dernier, qui intervenait sur l’évolution du transport maritime conteneurisé et la recherche de l’excellence opérationnelle par les compagnies, a souligné la mainmise des armateurs sur la donnée.

"Le contrôle des terminaux portuaires ne suffit plus, les armateurs veulent contrôler les informations. Maersk Line ambitionne de devenir le "DHL de la mer" et empiéter sur votre business pour proposer un service porte à porte. 50 % du coût du transport porte sur la gestion et l’exécution de la commande", précise l’enseignant.

Selon lui, l’acquisition de 25 % de Ceva par CMA CGM illustre cette même stratégie d’intégration verticale. "Un cinquième des revenus logistiques proviennent des services et des conseils. A l’instar des terminaux dédiés, nous allons vers une privatisation des réseaux d’infastructure", a prévenu Pierre Cariou.

 

Auteur : Nathalie Bureau du Colombier

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