Interview

Interview à l'occasion de la Charte qualité Place Portuaire Marseille-Fos

Adoptée en février dernier, la charte qualité Place Portuaire Marseille-Fos a réuni la signature de l’ensemble des membres de l’Union Maritime et Fluviale autour d’axes opérationnels ayant pour objectif de renforcer la politique qualité, sécurité et environnement.

 

À cette occasion, nous sommes allés à la rencontre de Stéphane Salvetat, président de LAM World et Alain Maliverney, directeur région Rhône chez LOGI PORTS SHUTTLE.

 

Stéphane Salvetat

 

UMF : Monsieur Salvetat, pouvez-vous nous présenter votre entreprise de manière succincte ?

 

Stéphane Salvetat : LAM est un "groupe de sociétés de transport" qui propose une gamme complète de services de logistique et transport maritimes. En leur proposant des solutions opérationnelles, nous aidons nos clients à faire avancer le processus de leurs activités tout en respectant les valeurs sociales.

 

UMF : Quels ont été vos objectifs pour l’année 2018 ?

 

Stéphane Salvetat : Nos objectifs étaient de passer nos transports de 20% à 30% en utilisant les transports doux : ferroviaire ou fluvial. Nous sommes fiers de pouvoir dire que nous avons atteint les 32%.

 

UMF :  Un an plus tard, où en êtes-vous sur les objectifs de la charte qualité ?

 

Stéphane Salvetat : Les objectifs sont remplis. Nous sommes très contents d’avoir atteint l’ensemble des objectifs qui ont demandé organisation et rigueur.

 

UMF :  Avez-vous une idée de la ventilation des 32% entre la barge et le ferroviaire ?

 

Stéphane Salvetat : Malheureusement oui, aujourd’hui nous faisons encore 95% en transport ferroviaire.

 

UMF : Quelle politique le port de Marseille doit adopter pour établir une réelle stratégie fluviale?

 

Stéphane Salvetat : Je le dis depuis maintenant des années, oui il faut vraiment une stratégie dynamique, pour pouvoir allier efficience et écologie. Elle servirait notamment à pallier les éventuels aléas, comme celui que l’on a eu en 2017. Cet événement nous a d’ailleurs influencer à rester sur du ferroviaire.

Pour cela, nous devons retrouver des transporteurs de ce secteur là et recréer un écosystème notamment sur l’axe rhodanien.

Notre volonté aujourd’hui serait de rééquilibrer le transport ferroviaire et la barge, d’ici la fin 2019/2020 et ainsi augmenté le report modal.

 

UMF :  Quels sont selon vous les points de divergence entre le fluvial et le ferroviaire ?

 

Stéphane Salvetat : Le ferroviaire contient moins d’imprévus. La logistique est donc est plus stable. Mais la connaissance actuelle des barragistes sur les prévisions des crues rhodaniennes permet d’anticiper les conditions du voyage et peuvent donc s’avérer être un véritable atout.

 

Pour réussir cette transition, il faut changer les habitudes : connaitre les impératifs des barges, impliquer les commerciaux dans la prospection de nouveaux clients, en particulier les petits que l’on néglige trop souvent. Or, même les trafics de 30,40 conteneurs devraient pouvoir passer par le fluvial. Il faut que cela devienne automatique.

 

UMF : Est-ce que vous confirmez que l’axe principal des trafics Marseille Fos connaitra un report modal ?

 

Stéphane Salvetat : Selon moi, c’est certain. En effet, je pense réellement que les premiers utilisateurs d’un nouveau mode de transport sont les gagnants dix ans après.

 

UMF :  Vos objectifs pour l’année prochaine par rapport à la charte qualité ?

 

Stéphane Salvetat : Notre objectif serait d’évoluer et d’atteindre 40%.

 

 

Alain MALIVERNEY

 

UMF : Rappelez-nous vos objectifs ?

 

Alain MALIVERNEY : L’objectif qu’on s’était fixé c’était de rendre visible la qualité de notre service, évaluée en interne. Mais nous voulons aussi travailler sur la flexibilité et la fiabilité du port de Lyon, un de nos partenaires historiques fluviaux dont nous sommes actionnaire.

Cependant, il reste le problème des escales fluviales sur les ports maritimes français car il n’y a pas de système de « fenêtres ».

 

UMF : Est-ce donc un frein pour le développement du fluvial ?

 

Le transport fluvial n’a pas plus d’inconvénients ou d’avantages que les autres modes. C’est un outil pour les armateurs, commissionnaires de transports, transporteurs, chargeurs pour optimiser leur chaîne logistique.

Il n’y a donc pas de fait concret qui dissuade définitivement d’opter pour le fluvial.

 

Un inconvénient du transport fluvial qui est le temps (36 heures de navigation FOS / LYON) se transforme en avantage dès lors que l’on pense stock gratuit flottant, sécurité marchandises transportées, et l’acquisition de nouvelles franchises de stationnement sur les plateformes intérieures.

Il est donc nécessaire de voir la volonté des ports et de l’Etat concernant le report modal. De quel point de vue doit-on regarder le trafic ? Par exemple, de façon globale en intégrant toutes les options maritimes et continentales à la disposition actuellement.

UMF : Est-ce que vous pensez qu’il y a déficit d’ambition de la part des grands ports, principalement du grand port de Marseille Fos du report modal quand on voit que les ports Nord ont imposé un report modal de 40% pour les manutentionnaires ? Est-ce que vous pensez qu’il faut fixer des objectifs aussi ambitieux dans les contrats d’exploitation pour les manutentionnaires chez nous à Marseille ?

 

Alain MALIVERNEY Aujourd’hui il faut savoir que les objectifs existent au niveau de l’État mais ils n’existent pas ou sont mal appliqués au plan régional ou local. En effet, aujourd’hui rien ne permet d’obliger un manutentionnaire à faire un report modal sachant que celle-ci n’est pas donneur d’ordre de transport. Le port de Rotterdam a mis en place des objectifs d’État que nous ne retrouvons pas en France concrètement. Mais dans c’est domaine-là on les retrouve sur d’autres secteurs d’activités en France, où il n’existe pas d’obligations de résultats. C’EST LA LE FOND DU PROBLEME ! Maintenant est ce qu’on en a le pouvoir ? Est-ce qu’on veut se donner le pouvoir ? Est-ce que les autorités souhaitent aller plus loin ? Je ne suis pas certain car si les paroles sont bien présentes, les actes ont parfois du mal à suivre…

 

UMF : Est-ce que vous pensez que l’informatique peut vous aider à fluidifier la chaine logistique et a facilité le report modal ? Un outil CI5 par exemple ?

 

Alain MALIVERNEY : Oui sans aucun doute, un outil CI5 peut largement y participer. Il faut juste faire attention que chaque profession ne monte pas son propre système ou si tel était le cas, de bien les interconnecté. Nous travaillons déjà avec les CCS pour apporter notre expérience au développement de nouveaux modules de suivi par exemple ou dématérialisation de documentations du transport terrestre.

 

UMF : Vous militez donc pour des systèmes indépendants mais partagés par toutes les parties prenantes ?

 

Alain MALIVERNEY : Exactement. Avec CI5, nous avons déjà une bonne base.

 

UMF : Le groupe Sogestran a fêté son 70ème anniversaire l’année dernière, une ambition pour les 70 ans à venir ?

 

Alain MALIVERNEY C’est un groupe qui ambitionne toujours. Présents sur les métiers du maritime, fluvial, service aux entreprises, multimodal, pour les produits vracs liquides, gazeux, solides, colis lourds, distribution urbaine… Un bureau d’étude, concepteur d’unité fluvial en interne qui travaille sur le matériel et les motorisations de demain afin de réduire les impacts environnementaux.

Et avant que l’on se quitte, j’aimerais rajouter, si vous me le permettez, qu’actuellement sur le transport fluvial axe Rhône Saône, le fluvial représente en 2018, 84.300 EVP.

Pour LOGI PORTS SHUTTLE, nous y participons à hauteur de 48.000 Evp.

LOGI PORTS SHUTTLE a permis de réduire les rejets de CO2 dans la vallée du Rhône de 7841 Tonnes !

Tout cela n’aurait jamais été réalisable sans nos clients, qui nous font confiance au quotidien, alors merci à eux !

 

 

Propos recueillis par Charles Misseghers et Emma Julien, Avril 2019

 

Retrouvez les chiffres du 1er et 2nd trimestres 2019 chez Logi Ports Shuttle

1er Trimestre_2019_CHARTE QUALITE PORTUAIRE LOGI-PORTS-SHUTTLE.pdf

2eme Trimestre 2019_CHARTE QUALITE PORTUAIRE_LOGI-PORTS-SHUTTLE.pdf